batman-le-culte-40546Urban comics a entendu mes prières. Et que dire d’autre quand on parle de culte ? De Batman : Le Culte, pour être précis. Cette mini, publiée précédemment par Comics USA sous le nom d’Enfer Blanc, est un classique totalement introuvable. Rien que pour ça, merci Urban!

Dans Le Culte, Batman se retrouve aux prises avec un groupe de vrais croyants. Ceux qui croient en la parole du diacre Blackwater. Venu du fond des âges, ou du moins de la période indienne de l’Amérique, il se dit envoyé de Dieu sur la Terre. Convertissant les sans-abri à tour de bras, il finit par réussir à mettre la main sur le chevalier noir. À l’aide de privations, de pression psychologique et, disons-le, de drogues, il réussit à embringuer Batman dans sa religion. Le vengeur aux grandes oreilles réussira-t-il à échapper à l’emprise de Blackwater, ou restera-t-il sous sa coupe? C’est là toute la question de ce volume.

Au scénario, Jim Starlin nous livre une mise en abîme de Batman, loin de sa suprématie habituelle sur des ennemis calibrés pour perdre face à lui. Nous nous trouvons donc face à un Batman brisé par la volonté et les manigances d’un ennemi mystérieux. Le voile ne sera d’ailleurs jamais levé sur les origines et les pouvoirs de Blackwater. Ça en fait un ennemi mystérieux et à part dans la mythologie Batmanienne.

C’est d’ailleurs cette vision bien particulière du héros qui a fait de cette mini un “culte” instantané, sans jeu de mot. Rarement, même dans ses heures les plus sombres, on a vu Batman aussi mal en point et victimisé. Il est également bon de resituer cette série dans son contexte, la fin des années 80, période charnière pour les comics. En effet, nous nous situons dans un tournant de l’ère des comics, juste après la révolution Frank Miller, tant sur Batman que sur Daredevil, et le début d’une ère beaucoup plus sombre. Les héros ne sont plus ni tout blanc, ni tout noir,mais tout en nuances de gris. Preuve en est, dans ce volume, les images de Batman porteur d’armes à feu, chose qui serait inimaginable de nos jours!

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Autre chose à souligner, c’est le rôle joué par la ville de Gotham, et son utilisation, bien avant l’heure, en tant que microcosme/prison pour ses habitants. Ce rôle lui sera ensuite attribué à nouveau dans des événements tels que No Man’s Land ou dans les jeux vidéo (Arkham City).

batman-the-cult-02-07Au niveau dessin, c’est le cultissime Bernie Wrightson qui est aux pinceaux. Comme à son habitude, et suite à ses travaux horrifiques, tant pour Marvel que pour DC, il nous livre un trait sombre dans le traitement de l’histoire. Sombre, mais malgré tout  sans de nombreux aplats de noir. Cette noirceur réside plus dans le storytelling que dans l’encrage. Quelle beauté que de voir un Batman brisé, au visage défait, voire pleurnichard. Et de la même façon, on le voit à certains moments se relever, tel Prométhée face à l’adversité. Ces hauts et ces bas sont une magnifique mise en image de l’histoire et apportent une force indéniable au propos.

En restant le plus objectif possible, ce volume était et reste un classique de la chronologie Batmanienne. L’histoire, bien qu’écrite il y a plus de vingt-cinq ans, est toujours d’actualité et ne ferait pas tâche dans une publication récente. Le trait de Wrightson a, il est vrai, un peu vieilli, mais donne justement cette dimension intemporelle à l’œuvre. Et comme je l’ai dit plus haut, j’ai attendu une réédition de cette histoire pendant des années, et je dois avouer que je n’ai pas boudé mon plaisir!


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