En ces temps de Amabay et ezon, j’aime bien aller farfouiller dans les bacs de B.D d’occasions de mon libraire. On y trouve parfois des titres dont on n’a jamais entendu parler. Ce jour-là, ça a été le cas avec Attoneen : Alien Intérieur.

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Au premier abord, gros point d’interrogation : qu’est-ce que c’est que ça ? Format comics, édité par Delcourt, pourtant je n’en ai jamais entendu parler… Sur la quatrième de couverture, le pitch annonce la couleur : un extra-terrestre s’est installé dans le corps d’une jeune femme.
Pas d’invasion des profanateurs, dans ce comics, ni de symbiote à la Venom, mais bel et bien un vaisseau spatial (miniature) qui a été gobé par Chloé, un bébé. Et l’alien qui l’occupait, Aleph, dernier survivant de son espèce, a décidé qu’il était bien là où il était, à la manière de l’Aventure Intérieure (version Joe Dante). Du coup, tel son Jiminy Cricket, il a accompagné le bébé jusqu’à ce qu’il devienne une jeune femme active des années 60. Cet alien a partagé ses connaissances/pouvoirs sur les quatre éléments avec la jeune femme qui est devenue Attoneen, la super-héroïne.
Celle-ci se bat pour sauver Paris de la menace du Gang du Poing, et la Terre d’un autre extra-terrestre, qui virevolte de corps en corps, et ennemi juré d’Aleph, son alien intérieur.

Mais ce comics ne parle pas que d’une histoire de science-fiction, d’un super-héros et de son mentor, mais également de la France des années 60. De ce basculement du traditionalisme vers une modernité galopante. De la libération de la femme, également, et de sa place dans la société. Des relations entre cette femme libérée [tu sais c’est pas si facile] et son employeur, ses parents, son frère. La France d’avant mai 68 en général. Pierre Boisserie arrive à faire de cette dichotomie entre le propos et une narration moderne la force de ce comics. Même si je regrette le côté “freak of the week” de chaque épisode, veillant à dévoiler une des capacités d’Attoneen, j’ai néanmoins apprécié le côté Peter Parker au féminin, voire féministe.

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Bon, il y a aussi de la baston, des soucoupes volantes et l’héroïne a un costume en lycra, hein ! D’ailleurs, ce costume m’a un peu dérangé lors de la lecture, car il fait trop “moderne” pour une aventure se déroulant en 1966. Ce parti pris me laisse d’ailleurs perplexe. Mais les dessins s’adaptent bien à cette histoire et permettent de faire oublier cet anachronisme. Les cases dégagent une certaine énergie lors des séquences de combat. Le trait semi-parodique de Stéphane Brangier s’adapte aussi bien aux séquences super-héroïques qu’à celles, plus intimistes, au domicile de l’héroïne ou sur son lieu de travail. Le design de l’alien est sympathique et se rapproche de celui de l’Arquilien mourant dans son “vaisseau humain”, dans Men In Black.

Ce méli-mélo de genres, entre la S.F et la chronique sociale, nous sert une histoire, certes classique, mais qui fleure bon le comics à l’ancienne, mené par un duo efficace dans la narration de l’histoire.
Ce Tome 1 a été suivi en 2015 d’un Tome 2, Attoneen : Projet Lummox, que je vais m’empresser d’acquérir.

Catégories : Reviews VF

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