American Monster est le second titre Aftershock proposé par Snorgleux Comics. Si vous avez lu les chroniques précédentes sur les titres d’Aftershock, vous savez que je trouve leur production novatrice. Ce volume est pour moi une quasi-découverte, car je n’avais lu que le premier numéro U.S et j’attendais la parution en Français pour me faire une idée [et vous proposer cette chronique]. Après la preview du FCBD, voici l’album. Alors, heureux ?

 

Un homme mystérieux débarque dans une petite ville des Etats-Unis. Jusque là, rien d’original. Si ce n’est que son visage (et le reste de son corps par la même occasion) est complètement brûlé. D’un abord bourru, on ne comprend pas vraiment comment il a atterri là. Sans doute s’est-il perdu. Sa voiture étant en panne, il va devoir passer quelques jours en ville. L’occasion pour nous de suivre les habitants de la bourgade et d’en apprendre un peu plus sur eux et leurs interactions tumultueuses.

 

Lorsqu’on voit le nom du scénariste, on se dit que, forcément, l’histoire ne peut pas être linéaire. En effet, Brian Azzarello est connu pour ses scenarii tarabiscotés. Loin de la description de la petite ville paumée pleine de Rednecks, on s’attache rapidement aux personnages et à leurs travers. De la petite allumeuse au vieux pervers, en passant par le trafiquant local qui, finalement, se la fait mettre à l’envers, c’est une véritable galerie de personnages plein de défauts qu’Azzarello nous présente. Et Théodore Montclare, le personnage principal, semble veiller sur tout ce beau monde, ses motivations restant obscures et conduisant vers une conclusion du Tome à laquelle on n s’attendait pas.

 

Au dessin, Juan Doe nous propose des planches saturées de noir et rouge. Si j’aime assez le style, je regrette toutefois que le rendu soit un peu trop numérique à mon goût. Néanmoins, l’ambiance « trou paumé » et « concentration de salauds » est vraiment palpable tout au long des planches de ce Tome. Autre question : pourquoi Montclare est tout rouge ? OK, il a été brûlé, mais je ne comprends pas pourquoi, picturalement, le dessinateur a choisi de le dépeindre de cette couleur globale ? Incompréhension mise à part, il est vrai que le contraste avec l’encrage appuyé est du plus bel effet.

 

American Monster est un bon polar à l’ancienne, dont le scénariste joue à la fois avec les personnages et avec le lecteur. Encore une fois, il s’agit d’une bonne pioche chez Aftershock, mais aussi chez Snorgleux qui nous permet de découvrir cette production. Allez-y, c’est de la bonne !

 

Chronique versus !

 

L’avis de FabB : Personnellement je rejoins Cyrille, surtout au niveau graphique. L’ambiance, le rendu, sont bons. Contrairement à lui, je trouve que la couleur dominante de Montclare est intéressante, dans le sens où il se démarque vraiment. Outre le fait que cela représente ses brulures, je pense que c’est une volonté du récit d’associer la couleur à sa colère/vengeance. Peut-être est-ce juste une mauvaise interprétation de ma part, mais pour moi, ça colle !

 

Par contre, là où je vais à l’encontre de son avis, c’est sur le scénario qui, à mon sens, n’en a pas. J’ai eu vraiment du mal a m’immerger dans le récit. Autant certains personnages sont « attachants », autant, une fois le bouquin fermé, je n’ai pas ressenti le besoin de comprendre pourquoi je n’avais pas compris ! Cependant, vu comment se finit le Tome, j’irai voir la suite par curiosité et, qui sait, peut-être que le Tome deux me donnera l’envie de comprendre le un !

 

En attendant, ma préférence, pour ce lancement Aftershock chez Snorgleux, va clairement sur Animosity, mais il en faut pour tous les goûts ! Et ce titre là m’a laissé un arrière-goût de cramé !

 


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