Bonjour et bienvenue à tous dans les Dossiers de GL ! Cette semaine, nous allons essayer d’aborder les adaptations de comics — notamment au cinéma — et nous allons essayer de comprendre deux soucis souvent décriés par les fans : la fidélité à l’œuvre d’origine, et le remplacement du mythe par une adaptation.

 

Bien souvent les disciplines de l’art que sont la bande dessinée, le cinéma, la série télévisée et le jeu vidéo procèdent à des échanges entre eux. Simples inspirations, réarrangements, transpositions brutes d’un média à l’autre, parodies, etc… Il s’avère qu’en France, ce procédé est assez peu exploré : on compte plusieurs adaptations de bandes dessinées en film, en série animée, ou en jeux vidéo (les plus connus étant Lucky Luke, Astérix, et Tintin), et quelques très rares films adaptés en jeux vidéo (Le Cinquième Élément, Kirikou, les Visiteurs, ou encore La Cité des Enfants Perdus, dont le jeu a été développé par Psygnosis, une société britannique), mais rien de plus.

 

En revanche, dans d’autres régions du monde, cette pratique est très fréquente. Au Japon, par exemple, tous les manga qui fonctionnent bien auprès du public finissent forcément par être adaptés en série animée (appelé « anime » au Japon), puis en dessins animés, en jeux vidéo, et parfois même en série (dit « drama ») ou film live (on peut notamment citer Death Note de Shūsuke Kaneko, Old Boy du sud-coréen Park Chan-Wook, et Shingeki no Kyojin de Shinji Higuchi). Qui plus est, plusieurs jeux vidéo ont droit à une adaptation en dessin animé (“OAV” ou Original Animation Video), film d’animation, série animée, ou encore bande dessinée (respectivement, Tales of Symphonia, Final Fantasy VII: Advent Children, Street Fighter II V, et Metal Gear Solid).

 

Cependant, c’est aux États-Unis que ce concept est le plus souvent utilisé. De nombreux films se retrouvent adaptés en jeux vidéo (et ce depuis le début de l’histoire des jeux vidéo : Tron sorti sur borne d’arcade en 1982, E.T. l’extra-terrestre sorti en 1982 sur Atari 2600, James Bond 007 sorti sur Commodore 64, Colecovision et Atari 2600 en 1983, etc…), ou bien en comics (Star Wars, Ghostbusters, Shaun of the Dead, etc…), des séries télévisées peuvent donner des films (Le Fugitif d’Andrew Davis, Power Rangers de Bryan Spicer, Dark Shadows de Tim Burton, Miami Vice de Michael Mann, Twin Peaks: Fire Walk with Me de David Lynch, etc…) ou peuvent, une fois terminées, continuer sous forme de comics (Charmed saison 9, Buffy contre les Vampires saison 8 à 10, X-Files saison 10, Smallville saison 11, etc…). Il en va de même pour les jeux vidéo qui se retrouvent adaptés en films (surtout depuis les années 90, avec les sorties de Super Mario Bros. en 1993, Street Fighter : L’ultime combat en 1994, ou encore Mortal Kombat en 1995), ou en comics (Mortal Kombat X, Tomb Raider, ou encore Mass Effect).

Mais ce sont surtout les comics qui, depuis plusieurs années, se retrouvent adaptés dans plusieurs autres médias. De plus en plus de films arrivant sur nos écrans de cinéma sont tirés de comics (sans compter les 6 ou 7 films Marvel et DC sortant tous les ans, on peut aussi noter des films tirés de comics indépendants comme Sin City, Judge Dredd, Kingsman, Scott Pilgrim, etc…), tout comme une multitude de séries télévisées arrivées sur nos écrans, ces dernières années (Arrow, The Flash, iZombie, Agents of S.H.I.E.L.D., Daredevil, The Defenders, The Walking Dead, Powers, etc…). À la télévision toujours, beaucoup de comics ont eu droit à une adaptation en série animée, ou en série d’animation (que ce soit les comics DC tels que Batman, Superman, Vixen, ou les Teen Titans; les Marvel comme X-Men, Spider-man, ou encore aujourd’hui Iron Man et Avengers Rassemblement; mais aussi les indépendants comme les Tortues Ninja, WildC.A.T.S., Archie, mystères et compagnie, etc…). Enfin, les comics sont très souvent adaptés dans le domaine vidéoludique (on citera notamment les jeux Telltale Games The Walking Dead, The Wolf Among Us, Guardians of the Galaxy et Batman ; ainsi que les nombreux jeux des licences Tortues Ninja, Batman, ou encore X-Men).

 

Ces nombreuses adaptations peuvent quelques fois revenir à leur média de base (comme le comic-book Injustice Gods Among Us, tiré du jeu vidéo Injustice: Gods Among Us, inspiré des comics de DC Comics, par exemple). Allant parfois même jusqu’à faire un retour sur soi-même pouvant être assez incongru : le jeu vidéo de Capcom, Street Fighter, a été adapté en film par Capcom Entertainment sous le nom de Street Fighter: The Movie. Et ce dernier a, par la suite, été adapté en jeux vidéo (toujours par Capcom), donnant ainsi Street Fighter: The Movie: The Game.

 Les adaptations sont, au final, une sorte d’extension du mythe, ou bien une façon de voir une œuvre dans un autre format. Mais ce qui en résulte vient parfois changer le canon de l’histoire de manière importante : bien que très souvent, l’œuvre canonique ne s’en trouve que très peu — ou pas — modifiée ; dans certains cas, l’adaptation peut devenir le nouveau canon de l’histoire; et l’ancien canon — s’il ne tombe pas dans l’oubli — finit soit par s’adapter à ce nouveau canon, soit par devenir bien moins important, et très peu connu. On peut alors se demander « comment le canon des adaptations devient-il plus important que celui de l’œuvre originale ? », mais la question la plus pertinente est surtout de savoir « pourquoi ? », et aussi « est-ce un mal ou non ? » Pour répondre à ces questions, les exemples de Men In Black et de The Mask semblent assez pertinents.

 

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Comme d’habitude, on se retrouve dans deux semaines pour la suite !

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