J’ai découvert 30 Jours de Nuit avec le film. J’ai pris une méga claque en regardant cette production qui m’a, forcément, redirigée vers l’original, en format papier. Tome 1, Tome 2 et je m’en suis arrêté là tout en vouant un culte au dessin de Ben Templesmith. Du coup, en ces temps de Ça, lorsque j’ai vu la tronche sanguinolente de ce clown sur la couverture du Tome 6 de la série, Juarez, je me suis dit que c’était certainement bien barré.

Et ça l’est! Tout d’abord, nous allons suivre un détective privé totalement allumé, Lex Nova, qui se rend à Juarez suite à la disparition d’environ 400 filles. Et comme il dit “ça sent les tortillas et les filles mortes, dans le coin”. Le ton est donné dès la Page 3. Nova, qui au passage dit ses pensées à haute voix, va entreprendre de résoudre l’affaire, tout en prenant sur lui de sauver Pilar Acosta et toute sa famille : un père alcoolo, une mère shooté aux médocs, une fille pute et un fils trop intelligent pour ne pas trahir Nova.

Mais où est le fameux clown de couverture? Il arrive! À la recherche de Nova, Bingo et ses deux Harley Quinn en puissance, Echo et Halo, vont filer à fond de train vers Juarez. Mais de nuit, car ce sont des vampires.

Ce coup-ci, Matt Fraction prend la relève de Steve Niles au scénario. Connaissant le bonhomme, normal que l’intrigue soit complètement barrée. Trop. Oui, même pour moi. En fait, Fraction n’explique rien, ou alors de façon un peu incompréhensible. L’idée générale et le pourquoi du comment sont un peu confus malgré une caractérisation [surtout de Nova, j’avoue] aux petits oignons. C’est surtout l’apport des vampires dans l’histoire qui n’apporte rien de plus, voire qui plombe un peu le côté polar frappadingue. Bingo ne sert à rien et ses deux comparses non plus. Les interactions vampires/humains sont bien loin des événements du Tome 1, bref, il y a une grosse cassure dans la série. Le Tome est heureusement sauvé par la caractérisation de Nova qui plane à dix-mille par rapport à l’histoire.

Les dessins de Templesmith sont toujours aussi perchés, avec des cases assez sobres mais qui dégagent énormément d’énergie. L’utilisation d’ambiances colorées selon les personnages et les situations permet de voyager au long des cases. Et ses vampires, tout en dents, sont toujours aussi flippants. À noter, le procédé “pointillés en trame” qui donne un effet vieux papier comics sur certaines séquences.

Pas vraiment dans la continuité des Tomes précédents, ce volume de 30 Jours de Nuit se distingue surtout par deux choses : les dessins de Ben Templesmith [vous aurez compris que je suis fan] et la personnalité du personnage principal, qu’il faut ab-so-lu-ment réutiliser dans d’autres volumes. Voire, lui accorder une série solo.


  • Titre : 30 Jours de Nuit Tome 6 : Juarez
  • Album : 112 pages
  • Editeur : Delcourt (28 Mars 2018)
  • Collection : Contrebande
  • ISBN-13: 978-2-413-00017-4
  • Prix : 15,50€

    
HISTOIRE
75%
   
DESSIN
95%
    
COLORISATION
90%
    
CARACTÉRISATION
95%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%

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